Q18 et Q19 sont deux certificats issus des référentiels APSAD D18 et D19, exigés par les assureurs dans le cadre des contrats multirisques professionnels. Contrairement à une idée reçue, ils ne sont pas concurrents mais complémentaires : le Q18 est un contrôle de conformité visuelle et structurelle réalisé généralement à l'arrêt, tandis que le Q19 est une thermographie infrarouge réalisée obligatoirement en fonctionnement sous charge. Voici comment les distinguer et pourquoi votre assureur les demande.

Q18 et Q19 : deux contrôles APSAD complémentaires, pas concurrents

Le Q18 et le Q19 sont deux certificats délivrés à la demande des assureurs pour prévenir le risque d'incendie d'origine électrique. Ils sont respectivement encadrés par les règles APSAD D18 et D19, élaborées par la Fédération Française de l'Assurance, le CNPP (Centre National de Prévention et de Protection) et les principaux acteurs de la filière.

L'erreur la plus fréquente ? Les considérer comme deux versions d'un même contrôle, ou pire, penser que l'un peut remplacer l'autre. En réalité, ils reposent sur deux techniques totalement différentes et couvrent chacun un volet de la sécurité que l'autre ne peut pas voir. Pour votre assureur, ils sont indissociables — l'un examine la structure, l'autre traque les défauts invisibles en fonctionnement.

Les deux logiques à retenir en une phrase

  • Q18 (APSAD D18) : « L'installation est-elle correctement conçue et conforme ? » — Contrôle visuel, dossier technique, mise à la terre, armoires, disjoncteurs, hors charge / à l'arrêt.
  • Q19 (APSAD D19) : « L'installation surchauffe-t-elle en fonctionnement ? » — Inspection à la caméra thermique infrarouge, obligatoirement en service et sous charge.
  • Objectif commun : prévenir le départ de feu d'origine électrique et limiter le risque assurantiel pour votre établissement.

Attention : APSAD ≠ obligation réglementaire

Ni le Q18 ni le Q19 ne sont imposés par la loi (Code du travail ou règlement ERP). Ce sont des exigences contractuelles de votre compagnie d'assurance, souvent stipulées dans votre contrat multirisque professionnel. Vérifiez vos clauses : leur absence peut entraîner une réduction voire un refus d'indemnisation en cas de sinistre.

Le certificat Q18 (APSAD D18) : le contrôle de conformité visuelle

Le Q18 est un compte rendu de vérification globale des installations électriques destiné à évaluer leur conformité générale et à identifier les risques d'incendie ou d'explosion d'origine électrique. Il s'inscrit dans la règle APSAD D18 et complète les vérifications réglementaires classiques (protection des travailleurs, protection du public en ERP).

Concrètement, un contrôleur habilité CNPP se rend sur site avec un objectif : examiner la structure même de la sécurité électrique. Il inspecte les schémas, ouvre les armoires, mesure la continuité des terres, vérifie les calibres de protection, teste le déclenchement des différentiels. Une grande partie de ces essais impose des coupures programmées, c'est pourquoi le Q18 se réalise majoritairement à l'arrêt ou sur des périodes d'inactivité planifiées.

Ce que le contrôleur examine lors d'un Q18

  • Les coordonnées de l'établissement et de l'organisme de contrôle.
  • La nature de l'activité et son classement au regard du risque incendie.
  • Le caractère complet ou partiel de la vérification (le complet est fortement recommandé).
  • L'autorisation de coupure totale accordée au contrôleur pour les essais.
  • La mise à la terre : continuité, valeur ohmique, liaisons équipotentielles.
  • L'état des armoires, coffrets et tableaux (TGBT, TD, sous-tableaux).
  • La conformité des disjoncteurs : calibres, courbes, sélectivité.
  • Les DDR (dispositifs différentiels résiduels) et leur test de déclenchement.
  • Le repérage des circuits et la lisibilité du schéma unifilaire.
  • La cohérence entre le dossier technique et l'installation réelle.

Le contenu du certificat Q18

À l'issue de la visite, le contrôleur émet un rapport structuré qui contient :

  • Une liste à cocher des constations sur la présence ou l'absence de danger.
  • Un rappel des observations déjà signalées les années précédentes (traitées ou récurrentes).
  • Les conclusions : l'installation peut-elle entraîner un risque d'incendie ou d'explosion ?
  • Une indication précisant s'il s'agit de la première intervention ou d'une vérification périodique annuelle.

Qui peut délivrer un Q18 ?

Seuls les bureaux de contrôle habilités par le CNPP peuvent émettre un certificat Q18. En pratique, il s'agit des mêmes organismes que ceux qui interviennent sur les vérifications réglementaires (Apave, Bureau Veritas, Dekra, Socotec, Qualiconsult…). L'habilitation CNPP est nominative : elle porte sur des contrôleurs formés spécifiquement aux référentiels APSAD.

Le certificat Q19 (APSAD D19) : la thermographie infrarouge sous charge

Le Q19 est un contrôle radicalement différent du Q18 : il s'agit d'une inspection par thermographie infrarouge de vos installations électriques. Encadré par la règle APSAD D19, il vise à détecter les échauffements anormaux invisibles à l'œil nu — bornes desserrées, surcharges de lignes, déséquilibres de phases, contacts oxydés — autant de causes classiques d'un départ de feu.

La contrainte majeure du Q19 : il doit être réalisé obligatoirement en fonctionnement, avec les installations sous charge nominale ou représentative de l'exploitation. Une caméra thermique inactive sur une armoire hors tension n'apportera aucune information exploitable. C'est là toute la différence méthodologique avec le Q18.

Comment fonctionne la thermographie infrarouge ?

La caméra thermique capte le rayonnement infrarouge émis par les composants électriques et le convertit en image thermique. Chaque zone est associée à une température : un contact desserré chauffe, un câble surchargé s'échauffe, un déséquilibre entre phases crée un point chaud sur le neutre. Le contrôleur qualifié interprète ces images en tenant compte de l'émissivité des matériaux, de la charge instantanée et de la température ambiante.

Ce que contient un compte-rendu Q19

  • Les coordonnées de votre établissement et de l'organisme de contrôle.
  • Les caractéristiques techniques de la caméra infrarouge utilisée (marque, modèle, plage spectrale, résolution).
  • Le nom du contrôleur et copie de son attestation de compétence CNPP.
  • Le nom et la fonction de l'accompagnateur de votre établissement.
  • La liste du matériel contrôlé et le caractère complet ou partiel de la vérification.
  • Des fiches d'anomalies classées par degré de priorité (critique / important / à surveiller).
  • Les photos infrarouge et visibles des défauts, avec la température mesurée et la préconisation.
  • Un avis global sur le niveau de sécurité de l'installation vis-à-vis du risque incendie.

Qui peut délivrer un Q19 ?

Seuls les opérateurs qualifiés, titulaires du certificat d'aptitude délivré par le CNPP, peuvent réaliser une vérification Q19 et émettre le compte-rendu associé. Cette qualification implique une formation spécifique à la thermographie infrarouge appliquée à l'électricité, distincte de la simple utilisation d'une caméra thermique.

Checklist actionable

Les 12 points à vérifier

01
Rassembler le dossier techniqueSchémas unifilaires à jour, notice descriptive, plans de repérage, précédent rapport Q18/Q19.
02
Vérifier le repérage des tableauxÉtiquetage complet, lisible, cohérent avec le schéma. Un tableau non repéré = observation quasi certaine.
03
Contrôler l'état des armoiresPorte fermante, capots en place, indice IP respecté, pas de stockage ni de câbles volants.
04
Tester les DDRBouton test mensuel documenté, temps de déclenchement conforme. Un DDR bloqué = arrêt de vérification.
05
Mesurer la prise de terreValeur ohmique connue et récente. Idéalement < 100 Ω, à adapter selon le régime de neutre.
06
S'assurer de la conformité des disjoncteursCalibres cohérents avec les sections, courbes adaptées, dispositifs différentiels aux bons endroits.
07
Programmer la coupure pour le Q18Le contrôleur doit pouvoir tester à l'arrêt. Prévoyez une fenêtre technique de plusieurs heures.
08
Charger l'installation pour le Q19Les circuits doivent être en service à charge nominale ou représentative. Sans charge, pas de point chaud détectable.
09
Rendre accessibles toutes les armoiresClés, codes, plans d'accès. Une armoire fermée = point non contrôlé = observation.
10
Désigner un accompagnateur techniqueUn référent qui connaît l'installation, qui a autorité pour valider une coupure et qui note les observations.
11
Traiter les observations récurrentesUn défaut noté deux années de suite pèse lourd dans l'avis final. Levez-le avant.
12
Confirmer la portée de la missionComplète ou partielle, tous les tableaux ou une sélection. Le contrat avec le bureau doit être clair par écrit.

Q18 vs Q19 : tableau comparatif rapide

Voici une lecture croisée pour visualiser les différences en un coup d'œil et savoir lequel commander (spoiler : les deux).

Comparatif méthodologique

CritèreCertificat Q18 (D18)Certificat Q19 (D19)
MéthodeVisuel + essais électriques + dossier techniqueCaméra thermique infrarouge
État de l'installationHors charge / à l'arrêt (majoritairement)Impérativement en fonctionnement sous charge
Focus principalConformité, protections, terres, disjoncteursÉchauffements anormaux, points chauds cachés
RéférentielRègle APSAD D18Règle APSAD D19
Obligation légaleNon (contractuelle assureur)Non (contractuelle assureur)
PériodicitéAnnuelle en généralAnnuelle en général, ajustable par l'assureur
Habilitation contrôleurCNPP — bureau de contrôleCNPP — opérateur thermographie
LivrableRapport structuré + certificatRapport + photos IR + fiches d'anomalies

Résumé en une phrase

Le Q18 vérifie que votre installation est bien conçue et conforme (papier + visuel + essais). Le Q19 vérifie comment votre installation réagit à l'effort (chaleur en charge). L'un ne remplace pas l'autre — ils se complètent pour couvrir l'intégralité du risque électrique.

Faites d'une pierre deux coups : Q18 + Q19 la même semaine

Beaucoup d'exploitants planifient les deux contrôles à quelques jours d'intervalle : Q18 sur créneau de coupure programmée, Q19 le lendemain en exploitation normale. Cela mutualise la préparation logistique, l'accompagnateur technique et les reprises éventuelles. Discutez-en avec votre bureau de contrôle et votre assureur en amont.

Pourquoi votre assureur les exige (et ce que vous risquez sans)

Les compagnies d'assurance ont un intérêt direct à réduire la sinistralité incendie. L'origine électrique représente une part significative des sinistres graves en tertiaire, industrie et ERP. Exiger un Q18 + Q19 chaque année leur permet de maîtriser leur exposition et de vous inciter à maintenir un niveau de sécurité élevé.

En pratique, ces certificats CNPP sont fréquemment demandés dans les contrats multirisques professionnels, en particulier pour les entrepôts logistiques, les sites industriels, les ERP recevant beaucoup de public et les copropriétés à parties communes techniques. Certains courtiers en font également un critère d'obtention ou de renouvellement d'un contrat.

Les conséquences en cas de sinistre sans certificat valide

  • Application d'une règle proportionnelle : votre indemnisation est réduite au prorata du risque non déclaré ou non contrôlé.
  • Friction majeure avec l'assureur : allongement des délais d'expertise, contestation des causes, demandes complémentaires.
  • Refus de prise en charge pur et simple si le contrat conditionnait la garantie à la production d'un certificat en cours de validité.
  • Mise en cause de la responsabilité de l'exploitant, voire du dirigeant, notamment si le sinistre a fait des victimes.
  • Impact sur le renouvellement du contrat et sur les primes futures.

Périodicité, tarifs et bureaux habilités CNPP

La périodicité des Q18 et Q19 n'est pas figée par la loi puisqu'il s'agit d'exigences contractuelles. En pratique, la fréquence annuelle est la norme, mais votre assureur ou votre courtier peut adapter cette fréquence en fonction de votre activité, de la taille de votre installation et de votre historique de sinistralité.

Combien coûte un Q18 ou un Q19 ?

Le prix varie selon plusieurs facteurs : superficie du site, type d'établissement, nombre d'armoires et de connexions à contrôler, complexité de l'installation, coordination des coupures pour le Q18. Les tarifs diffèrent également d'un bureau de contrôle à l'autre — d'où l'intérêt de demander plusieurs devis, ou mieux, de faire réaliser un pré-audit indépendant avant la commande officielle du certificat, pour ne pas payer plusieurs passages en cas d'anomalies bloquantes.

Où trouver la liste des bureaux habilités ?

Le CNPP publie et met à jour la liste des organismes et opérateurs habilités aux référentiels APSAD D18 et D19. Attention : l'habilitation D18 ne vaut pas automatiquement D19, et inversement. Vérifiez systématiquement que le bureau que vous mandatez couvre bien le référentiel visé.

Comment SEEC France vous prépare aux deux contrôles

SEEC France n'est pas un bureau de contrôle CNPP — nous ne délivrons donc ni Q18 ni Q19. En revanche, avec 15 ans d'expérience chez Apave et Bureau Veritas, nous savons exactement ce que le contrôleur va regarder, mesurer, tester. Notre valeur ajoutée : vous préparer, remettre l'installation en conformité et lever les observations avant la venue du bureau de contrôle.

Concrètement, nous intervenons en amont sur trois axes : audit préparatoire (pré-Q18), reprises et mise en conformité (schémas, terres, tableaux, disjoncteurs), et coordination avec le bureau de contrôle le jour J. Pour le Q19, nous vérifions que les conditions de charge seront réunies et remettons en état les points chauds détectés lors d'audits antérieurs.

Notre offre pré-audit pour éviter les mauvaises surprises

  • Analyse du précédent rapport Q18/Q19 et des observations non levées.
  • Audit terrain en conditions réelles avec une lecture œil-de-contrôleur.
  • Liste des reprises chiffrée et priorisée (à faire avant le passage / à surveiller / conforme).
  • Travaux de mise en conformité exécutés par nos équipes.
  • Coordination le jour du contrôle pour accompagner le contrôleur et lever les points sur place.

Questions fréquentes

Le certificat Q18 est-il obligatoire ?+
Non, pas au sens réglementaire. Le Q18 (APSAD D18) est une exigence contractuelle de votre compagnie d'assurance, généralement stipulée dans votre contrat multirisque professionnel. Il vient en complément des vérifications réglementaires classiques (Code du travail, ERP).
Le certificat Q19 est-il obligatoire ?+
Non. Comme le Q18, le Q19 (APSAD D19) n'est pas exigé par la réglementation (notamment pas par les obligations ERP). Cependant, votre assureur ou votre courtier peut vous le réclamer, en particulier pour les activités à forte densité électrique ou à risque incendie élevé.
Qui peut délivrer un Q18 ou un Q19 ?+
Seuls les bureaux de contrôle et opérateurs habilités par le CNPP (Centre National de Prévention et de Protection) peuvent émettre ces certificats. L'habilitation est nominative et distincte selon le référentiel : un contrôleur habilité D18 n'est pas automatiquement habilité D19, et inversement.
Quelle est la différence méthodologique en une phrase ?+
Le Q18 examine la structure de votre installation à l'arrêt (visuel, essais, dossier technique). Le Q19 examine son comportement en fonctionnement à la caméra thermique infrarouge (points chauds, échauffements anormaux). Deux techniques totalement différentes, deux angles complémentaires.
Que risque-t-on en cas de sinistre sans certificat valide ?+
Selon les clauses de votre contrat : application d'une règle proportionnelle réduisant l'indemnisation, friction voire refus de prise en charge par l'assureur, mise en cause de la responsabilité de l'exploitant. Vérifiez précisément les clauses de votre multirisque professionnel.
Quelle est la périodicité des Q18 et Q19 ?+
Généralement annuelle pour les deux, mais la fréquence peut être adaptée par votre assureur en fonction de votre activité, de la taille du site et de l'historique de sinistralité. Certains contrats imposent aussi un Q19 à intervalle plus court (semestriel) pour les activités les plus exposées.
Peut-on faire réaliser Q18 et Q19 dans la même visite ?+
En pratique, non — les deux contrôles imposent des conditions opposées (Q18 souvent à l'arrêt, Q19 obligatoirement sous charge). En revanche, il est courant de les planifier à quelques jours d'intervalle pour mutualiser la logistique et l'accompagnateur technique.
Vous préparez un contrôle APSAD ?

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